La baisse des taux s’installe en France comme elle s’est déjà propagée à l’Allemagne depuis le début quelques temps déjà. Les taux de l’OAT 10 ans (taux auquel la France emprunte à 10 ans) ne cessent de reculer depuis plusieurs semaines, après un pic de 4% début 2012 le rendement n’a cessé de baisser, jusqu’à atteindre 2.07% hier, jeudi 23 août. La France a également rejoint l’Allemagne au rand des pays qui empruntent parfois avec des taux négatifs, même si ces taux sont pratiqués sur des durées plus courtes.

Ce qui semble paradoxal dans cette situation c’est que les taux baissent avec une situation économique relativement incertaine dans la zone Euro: un chômage au plus haut et une croissance en berne. Logiquement les taux expriment la vision du risque des investisseurs, plus il y a de risque plus les taux sont élevés, or ce que nous disent aujourd’hui les taux c’est que les perspectives sont excellentes. Si cette situation ne semble pas très logique de prime abord elle pourrait s’expliquer par le fait que de plus en plus de pays de la zone Euro s’installent dans l’instabilité économique tel la Grèce, le Portugal, l’Espagne ou l’Italie, ils subissent des dégradations successives de la part des agences de notation ce qui mécaniquement tend à faire fuir les investisseurs de leur dette respective. Ces capitaux s’orientent alors vers des pays un peu plus solvables dont l’Allemagne ou la France ce qui mécaniquement fait baisser les taux.

Dans cette même logique une autre explication peut expliquer cette baisse soudaine des taux d’emprunt en France, c’est la trop faible rémunération des taux chez nos voisins allemands (le Bund) qui peut attirer en France des investisseurs jugeant que notre situation politique et économique est aussi stable avec l’avantage d’une rémunération du capital plus importante.

Aujourd’hui cette situation devrait profiter aux consommateurs mais est-ce vraiment le cas ?

Les taux des crédits aux particuliers sont bien repartis à la baisse depuis plusieurs mois mais cela ne semble pas augmenter la production de crédits que ce soit le crédit immobilier ou le crédit à la consommation. Plusieurs raisons à cela, d’une part la crise économique avec son corolaire le chômage qui n’incite pas les consommateurs à consommer et investir à crédit et d’autre part la nouvelle règlementation bancaire Bâle 3 qui imposent aux banques et organismes de financement des critères d’attribution plus sélectifs qu’auparavant.

En clair, le crédit pas cher n’a jamais été aussi accessible pour  tous vos projets, un bien immobilier, des biens de consommation, une voiture des travaux, de la trésorerie, etc… En revanche, si la situation économique se dégradait il n’est pas certain que cette effet d’aubaine puisse perdurer longtemps ce qui conduirait inéluctablement à une hausse des taux.